1. Qu’est-ce que la vérité ?
Qu’est-ce que la vérité ?
La question peut paraître étrange. Elle exprime notre confusion et notre scepticisme. Notre confusion, car au regard de la multiplicité des religions et de la diversité des croyances autour de nous, nous pouvons nous dire avec raison : « Où est la vérité ? ». Notre scepticisme, car la question suggère que la vérité n’existe pas, qu’en fait, il n’existe pas de vérité objective.
La Bible hébraïque, le Tanakh, répond sans ambiguïté à la question. « Hashem, Dieu est la vérité » (Jérémie 10.10, traduction littérale). Pour la Bible donc, la vérité existe, elle estassociée à Dieu lui-même. En fait, la vérité, Emeth, en langue hébraïque, est l’un des 13attributs de Dieu. Elle est en septième position, au centre même de la liste d’Exode 34.6(traduction littérale), un passage qui est récité dans les liturgies de roch-hachanah et dekippour (Nouvel an juif, Jour du grand pardon).
Si la vérité est identifiée au caractère de Dieu, cela signifie qu’elle ne vient pas de nous, mais qu’elle doit se chercher en-dehors de nous, en Dieu. Le reconnaître, c’est du même coup admettre que nous ne saurions approcher la vérité avec l’idée préconçue que nous la connaissons déjà. Bien au contraire, nous devons approcher la vérité en posant la question de départ : « Qu’est-ce que c’est ? ». C’est en fait la même question que les anciens Israélites avaient autrefois posée dans le désert, confrontés à la manne, le pain de
Dieu. « Qu’est-ce que c’est ?», ont-ils demandé, et la question a donné le nom de ce céleste pain, car le mot hébreu manne signifie : « Qu’est-ce que c’est ? ». Le sens du mot manne contient une leçon importante sur la façon dont nous devrions aborder la vérité biblique. Nous devrions l’aborder avec la question : « Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que la vérité ? ». Nous devrions l’aborder dans le même esprit d’humilité et d’honnêteté que les anciens Israélites avaient approché la manne dans le désert en disant : « Qu’est-ce quec’est ? ». La question ainsi comprise ne suggère plus confusion ou scepticisme. Elle implique plutôt une interrogation sincère qui attend une réponse de vérité venue d’en haut.